Quatre dates suffisent à comprendre le Voyager of the Seas.
1999. Le navire prend ses premiers passagers le 21 novembre. Il est alors le plus grand paquebot du monde et le premier de sa classe. Il apporte deux choses qu'aucun navire n'avait : une rue intérieure, la Royal Promenade, et une patinoire. Sa marraine est d'ailleurs une patineuse, Katarina Witt.
Vers 2014. La boîte de nuit du pont 3 disparaît. À sa place, dix-neuf cabines intérieures, numérotées de 3001 à 3039. Le restaurant italien, le Giovanni's Table, s'installe au pont 4, là où l'on entrait autrefois pour danser.
2019. Quarante et un jours de chantier, sous le nom de Royal Amplified. Le gymnase quitte l'avant du navire et laisse la place à des cabines. Le spa et la salle de sport partent à l'arrière du pont 12. Le belvédère d'où l'on regardait la passerelle de navigation disparaît. Le Johnny Rockets est retiré. Soixante-douze cabines s'ajoutent, et avec elles les toboggans et le laser tag. Le Navigator of the Seas a connu une transformation comparable la même année : des cabines à l'avant du pont 11, la salle de sport à l'arrière du pont 12.
Novembre 2024. Une cale sèche d'entretien. Les cabines d'origine en ressortent telles qu'elles y sont entrées.
Tout ce qui suit découle de cette ligne. Contrairement à l'Adventure of the Seas et à l'Explorer of the Seas, le Voyager a reçu le programme Royal Amplified. Il n'en est pas sorti refait pour autant. À deux reprises, des cabines ont pris la place d'espaces publics : une boîte de nuit, un gymnase à la proue, un belvédère. Ce qu'on lui a ajouté, ce sont surtout des attractions de pont.
Ce que le chantier de 2019 n'a pas apporté
Les passagers qui arrivent d'une de ses sœurs amplifiées cherchent des choses qui ne sont pas là. Pas de bar sportif Playmakers. Pas de comptoir mexicain. Plus de Johnny Rockets, et rien à sa place. Le chantier de 2019 a été pensé pour l'Asie, où le navire naviguait alors : davantage de boutiques, un casino doté d'un salon pour gros joueurs, moins de bars et de comptoirs. Ce salon existe toujours. Il est fermé par des cloisons et ne sert plus.
La conséquence se mesure à table. Le navire compte trois lieux de restauration inclus, et pas un de plus : la salle à manger, le buffet Windjammer et le Café Promenade. Le Windjammer ferme en milieu d'après-midi et après le dîner. Dans ces intervalles, il ne reste que la pizza et les sandwichs du Café Promenade, et la file qui va avec. Qui embarque tard le premier jour le découvre tout de suite.
En haut, le pont 11 porte les piscines et, vers l'avant, le solarium. Il est réservé aux adultes, à partir de 18 ans depuis 2023. Il est à ciel ouvert, ce qui le rend peu utilisable par temps froid ou pluvieux ; seuls ses deux grands bains à remous sont couverts. Les jours de mer, ses chaises partent tôt.
Sur le Mariner of the Seas, on traverse encore le solarium pour aller regarder travailler les officiers. Ici, depuis 2019, ce n'est plus possible. Le fond du solarium n'est pas vide pour autant.
Les ponts du haut, et la manière d'y arriver
Le pont sportif est au pont 13, à l'arrière : toboggans Perfect Storm, vague artificielle du FlowRider, terrain de sport, mini-golf de neuf trous. Il a une particularité qui déroute. On n'y accède pas en longeant le pont piscine : il faut passer par un couloir intérieur, depuis les ascenseurs arrière. Beaucoup de passagers oublient qu'il existe, et c'est pourquoi il reste praticable quand le pont piscine est plein.
À l'autre bout, l'avant des ponts 12 et 13 est un vaste espace de chaises longues, presque sans ombre et presque sans personne, même quand le navire est complet. Une réserve : il a été trouvé fermé pendant des croisières entières en 2025, puis de nouveau ouvert. N'en faites pas votre plan pour la semaine avant de l'avoir vu.
Tout en haut, au pont 14, le Viking Crown Lounge offre une vue à 360 degrés derrière des vitres. Le soir, il abrite la boîte de nuit High Notes. Le matin, il est à peu près désert, avec des fauteuils aux fenêtres. C'est aussi un bon endroit pour regarder l'appareillage quand il fait trop chaud ou trop venteux dehors. Pour y monter, prenez les ascenseurs arrière : ceux de l'avant n'y vont pas, et un seul des deux groupes arrière dessert le pont 14.
L'héliport de la proue est accessible, comme sur l'Adventure, pour lequel nous l'avons décrit. Il se remplit à l'appareillage et ferme par mauvais temps.
Un mot sur la fumée. Les zones fumeurs sont placées sur des lieux de passage : un côté de la promenade extérieure du pont 4 et un côté du pont piscine. Repérez ce côté le premier jour et prenez l'autre pour vos tours de pont et votre chaise longue.
L'arrière du navire, lui, garde un endroit qui ne figure sur aucun programme.
Les cabines
C'est ici que 1999 se voit. Hors suites, les cabines d'origine n'ont pas été refaites : mobilier et couleurs d'une autre décennie, salle de bain étroite, passage serré entre le lit et les meubles dans plusieurs intérieures. La douche, en revanche, a des portes rigides plutôt qu'un rideau. Le petit réfrigérateur garde au frais plus qu'il ne refroidit.
Dans les cabines d'origine, il n'y a aucune prise près du lit. Le bureau en regroupe deux américaines et une seule européenne. Un détail change pourtant les nuits : le téléphone de chevet porte, sur son côté, un port USB. La charge est lente, mais elle suffit jusqu'au matin. Pour le reste, la règle de Royal Caribbean est stricte : multiprises et rallonges sont interdites à bord. Seuls passent un adaptateur simple ou un chargeur à sorties USB ; nous la détaillons dans l'article sur le Mariner.
Autre détail nocturne. Une veilleuse à détecteur de mouvement s'allume quand on se lève pour aller à la salle de bain. Elle évite de chercher l'interrupteur. Elle réveille aussi, régulièrement, la personne restée au lit. Les deux sont vrais.
Les balcons sont creusés dans le flanc du navire, avec des cloisons de métal. On n'y voit pas ses voisins et on les entend peu. En contrepartie, ils montrent parfois de la rouille.
Toutes les cabines n'ont pas le même âge. Celles du pont 3 nées de l'ancienne boîte de nuit, et celles que le chantier de 2019 a créées à l'avant des ponts 11 et 12, sont plus récentes que le reste. D'après un témoignage, ces dernières ont des prises de chaque côté du lit ; c'est trop peu pour le promettre, assez pour le demander.
À l'avant du pont 11, quelques-unes de ces cabines ont un balcon très grand, tourné vers la proue et fermé par une haute paroi vitrée. La 1108 est vendue en catégorie balcon, pas en suite. Un seul témoin signale que les baies vitrées des cabines du pont 12, juste au-dessus, donnent sur ce balcon : si l'intimité compte pour vous, posez la question avant de réserver. Ce type de cabine n'est pas propre au Voyager.
Côté suites, deux choses à savoir. Il n'y a pas de restaurant réservé aux suites à bord : à partir de la catégorie Grand Suite, le petit-déjeuner se prend au Chops Grille. Et la junior suite donne de l'espace et une baignoire, mais pas l'accès au salon des suites.
À table
La salle à manger occupe trois niveaux autour d'un grand escalier et d'un lustre. Un pianiste y joue pendant le dîner. La cuisine y est régulière et servie chaude. Les jours de mer, elle ouvre aussi le midi, et beaucoup l'ignorent : on y déjeune au calme pendant que le buffet déborde.
Le Windjammer est vaste, avec deux lignes identiques et des tables à l'arrière qui regardent le sillage. Ses plats indiens reviennent dans les témoignages comme son point fort le plus constant. Aux heures de pointe, les places manquent.
Quatre tables à supplément : le Chops Grille, la grilladerie ; le Giovanni's Table, l'italien du pont 4 ; l'Izumi, le japonais, installé au pont 14 derrière des baies vitrées, sans plaques teppanyaki ; et la table du chef. Reste une question que les cartes ne tranchent pas : où commander sa viande.
Le soir
Deux salles, deux constats, et ils tiennent ensemble. Au Royal Theater, les productions maison sont jugées datées. L'une des revues était déjà à l'affiche en 1999. Au Studio B, le spectacle sur glace est ce que les passagers retiennent du navire, croisière après croisière. La salle est petite et aucune réservation n'est requise : il faut arriver tôt.
La patinoire sert aussi au patinage libre et, recouverte d'un plancher, au laser tag ; les deux se réservent dans l'application dès le premier jour. Elle sert enfin de salle d'attente, le dernier matin, aux passagers qui partent en transfert organisé. Il y fait la température d'une patinoire : gardez un vêtement chaud dans le bagage à main.
Ailleurs, le Schooner Bar a son pianiste, le pub Pig & Whistle son chanteur, et le Star Lounge ses jeux.
Un moment à bord
Il est un peu avant dix-sept heures et vous descendez vers l'arrière du navire, votre carte à la main : le numéro de votre table y est imprimé. Le premier soir, la file remontait loin dans la coursive. Ce soir, elle avance, et vous entrez presque sans vous arrêter.
La salle s'ouvre sur trois niveaux autour d'un grand escalier. Au-dessus, le lustre descend sur deux étages. Vous levez les yeux par habitude : le navire roule un peu, et lui ne bouge pas. Sous vos pas, une moquette épaisse, rouge et bleue, semée de feuilles, qui n'a pas grand-chose à voir avec le reste du décor et qui avale tous les bruits. On parle ici sans hausser la voix.
Sur le palier de l'escalier, un pianiste joue. Personne ne s'est tu pour l'écouter, et pourtant la salle a pris son tempo. Les tables près des fenêtres sont parties les premières, comme toujours ; la vôtre est plus au centre, et vous y voyez tout. Le pain et l'eau arrivent avant la carte. La corbeille n'est pas celle d'hier : elle change avec le thème du soir.
À la table voisine, une famille compare ses journées. Plus loin, un couple lit la carte sans se presser. Les assiettes arrivent chaudes, l'une après l'autre, sans attente. Dans une heure, vous serez au spectacle. Rien ne presse d'ici là.
« Sur le Voyager, les cabines ont gagné sur les salles, et les nouveautés sont surtout montées sur le pont. Ce qu'il a de meilleur se trouve dans les marges que ces chantiers ont laissées. »
Selvague
Quand partir
Le Voyager change de bassin presque chaque année, et c'est d'abord par l'itinéraire qu'il se choisit. Depuis octobre 2026, il part de Los Angeles vers la Riviera mexicaine, sur des croisières de trois à huit nuits : Ensenada, Cabo San Lucas, Mazatlán, Puerto Vallarta. Cette saison court jusqu'au printemps 2027. Il est ensuite annoncé en Alaska au départ de Seattle pour l'été 2027, puis en Asie-Pacifique d'octobre 2027 à avril 2028, au départ de Brisbane, Sydney, Singapour et Hong Kong.
Deux conséquences pratiques. En Alaska, le solarium à ciel ouvert ne sert presque à rien ; les balcons creusés dans la coque et le Viking Crown Lounge prennent sa place. Et aucune de ces affectations n'est acquise : vérifiez la vôtre avant de réserver.
Ce navire et vous
- Vous choisissez d'abord l'itinéraire : Mexique, Alaska, Asie, ce navire va là où les géants de la flotte ne vont pas.
- Vous voulez un navire qu'on apprend en deux jours, où l'on entre aux spectacles sans rien réserver.
- Vous aimez trouver un coin à vous : il en a plusieurs, et ils sont rarement occupés.
- Le spectacle sur glace compte pour vous plus que la revue du théâtre.
- Vous attendez une cabine récente, avec des prises au chevet.
- Vous comptez sur une restauration variée à toute heure : hors des repas, il n'y a qu'un comptoir.
- Vous cherchez un sauna, un hammam ou un espace thermal : il n'y en a pas à bord.
- Vous partez en Alaska en comptant sur un solarium couvert.
- Vous arrivez d'une sœur amplifiée et espérez y retrouver le bar sportif et les comptoirs décontractés.
Les deux faces d'une même rose des vents.
Voyager of the Seas
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Espaces & design 3,7/ 5
Royal Promenade, salle à manger sur trois niveaux, Viking Crown Lounge et plusieurs retraits calmes que peu de navires de cette taille offrent. En face : un solarium à ciel ouvert, un pont sportif coupé du reste, des zones fumeurs placées sur les passages, et l'emplacement de l'ancien Johnny Rockets laissé vide.
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Cabines & confort 3,3/ 5
Cabines d'origine non refaites, aucune prise au chevet, réfrigérateur peu efficace, régulation de la température inégale d'une cabine à l'autre. Relèvent la note : les douches à portes rigides, les balcons bien isolés des voisins et une minorité de cabines plus récentes. Portée : hors suites.
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Gastronomie 3,6/ 5
Salle à manger régulière, Windjammer bien dimensionné, plats indiens salués, tables à supplément solides. Retenu par une offre incluse limitée à trois lieux, la fermeture du buffet entre les repas et l'absence de toute restauration rapide hors du Café Promenade.
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Service 4,2/ 5
Stewards et équipes de salle à manger salués de façon constante, serveurs qui retiennent les habitudes dès le deuxième soir. Réserves précises : service des boissons lent à table, sections parfois sous-dotées, accueil inégal au Café Promenade et dans les boutiques.
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Entretien 3,5/ 5
Navire propre, espaces publics encore marqués par le chantier de 2019. En face : ascenseurs lents et pannes répétées, usure visible de l'extérieur et de certaines moquettes, incidents de climatisation et de plomberie en cabine.
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Vie à bord 4,0/ 5
Spectacle sur glace au premier rang, patinage libre, laser tag, toboggans, FlowRider, et presque rien à réserver. Retenu par des productions de théâtre datées, peu de comédie et une salle de patinoire trop petite pour la demande.
En clair : le Voyager tient par son itinéraire, son équipage et sa patinoire. Il montre son âge là où l'on dort, et ses chantiers ont donné aux cabines la place de plusieurs salles. Ce qui le distingue se trouve dans les marges : un balcon au fond du solarium, quelques chaises face au sillage, une assiette commandée à la bonne adresse. Qui embarque pour une cabine récente et des comptoirs ouverts à toute heure s'est trompé de navire.
Les informations de cet article sont fournies à titre indicatif. Un navire change : espaces convertis, itinéraires modifiés, cartes et spectacles renouvelés. Vérifiez auprès de la compagnie ce qui est décisif pour vous avant de réserver.