Un navire resté lui-même
Commandé en 1997, construit à Turku en Finlande, Adventure of the Seas est entré en service le 18 novembre 2001 — deux mois après les attentats du 11 septembre. Le navire n'a pas une marraine unique mais quatre parrains et marraines, choisis à New York parmi les services d'urgence de la ville. La dédicace — quatre personnes qui ont consacré leur vie au service des autres — est encore inscrite sur une plaque à bord, près du bar Boleros, au pont 4. Peu de passagers passent devant en le sachant.
Les deux rénovations de 2016 et 2018 ont ajouté les toboggans jumeaux Perfect Storm, le FlowRider, l'aire d'eau Splashaway Bay, un restaurant de sushis, plus d'une centaine de cabines et un nouveau Suite Lounge. Les toboggans et le mini-golf à deux niveaux occupent aujourd'hui l'emplacement de l'ancienne piste de patin à roues alignées, disparue avec ces travaux. Puis, autour de 2024-2025, un passage en cale sèche ciblé : tapis des espaces communs et connectivité. Les cabines, elles, n'ont pas été touchées.
Ce que l'amplification n'a pas apporté se voit tout de suite : pas de simulateur de chute libre, pas de nacelle panoramique, un seul FlowRider, pas d'ascenseurs à destination comme sur les navires récents. Cela se voit aussi de l'extérieur, sur la coque : les balcons d'Adventure sont pour la plupart encastrés, avec des cloisons de séparation en acier plein, alors que ceux de ses sœurs amplifiées ressortent davantage. Un détail de conception qui a une conséquence audible — la voix résonne un peu sur ces balcons.
La Royal Promenade, place du village
Tout le navire s'organise autour du pont 5. La Royal Promenade est une rue intérieure sur toute la longueur du navire : boutiques, comptoir d'accueil, comptoir des excursions, un pub anglais, et une arche décorative qui l'enjambe. C'est là que se tiennent les soirées à thème et les défilés, et c'est aussi ce qui rend le navire facile à apprendre — on s'y repère en une soirée, et quand le temps se gâte, la promenade absorbe la foule sans qu'on ait l'impression d'être entassé.
Le Café Promenade y regroupe en un seul comptoir ce que d'autres navires éclatent en plusieurs kiosques : pizza, sandwichs, pâtisseries, biscuits, café. Il reste ouvert tard dans la nuit. C'est pratique, mais c'est aussi le seul point de repli du navire une fois le buffet fermé — l'affluence s'y concentre. Le Champagne Bar, lui, est toujours là, dans son format d'origine, face au comptoir d'accueil : calme le jour, animé le soir. C'est une configuration qu'on ne retrouve plus partout dans la flotte.
Izumi, le restaurant japonais, occupe une place qui n'existe nulle part ailleurs chez Royal Caribbean : il est installé directement sur la Royal Promenade, ouvert sur le passage, avec des places assises qui débordent sur la promenade elle-même. L'explication tient au bâtiment plus qu'à l'intention — il a pris le local d'un ancien bar lors de la rénovation. Sur tous les autres navires de la compagnie, Izumi est un espace clos, à l'écart. Ici, on y dîne au milieu du va-et-vient.
Un pont plus bas, au pont 4, le casino occupe toute la longueur médiane du navire, avec un décor de vieux Hollywood que la compagnie retire systématiquement lors des rénovations récentes. L'odeur de fumée reste perceptible sur ce pont et près des escaliers qui y mènent ; elle ne monte pas jusqu'à la promenade.
Le navire est donc simple à comprendre. Enfin, presque.
Dehors
Le pont 4 offre une promenade extérieure sous les canots de sauvetage, qui fait presque tout le tour du navire. C'est un pont de vraie promenade, à l'ancienne, qu'on ne trouve pas sur tous les navires Royal Caribbean.
Le pont 11 porte le pont piscine — deux piscines, quatre bains à remous, l'aire d'eau pour tout-petits — et, vers l'avant, le solarium réservé aux adultes. Ce solarium est à ciel ouvert, non climatisé, contrairement aux solariums vitrés des navires récents : c'est une limite structurelle de cette classe, et il faut le savoir avant de compter dessus par temps de pluie. Il sert aussi de passage entre l'avant et l'arrière du pont, ce qui en fait une zone adulte traversée, pas une zone adulte isolée.
Au pont 13, le terrain de sport, le FlowRider et les deux toboggans Perfect Storm, installés à l'arrière plutôt qu'au centre du pont piscine — ce qui explique qu'ils restent peu fréquentés même quand le reste du pont est plein. Le mini-golf, à deux niveaux, se joue avec de vraies balles de golf.
Et puis il y a l'avant du navire, dont presque personne ne parle.
Le spa, le gym, le solarium
Le centre de conditionnement physique est au pont 11, à l'avant. L'équipement y est limité par rapport à la taille du navire — un seul escalier d'exercice observé, une section de poids libres réduite — et il faut monter au comptoir du spa pour obtenir la clé d'un casier. Le spa lui-même n'a ni suite thermale ni espace de relaxation dédié, contrairement aux navires plus récents : c'est une limite d'époque, assumée.
Ce qui n'empêche pas ce navire d'offrir quelque chose que les navires récents ont cessé d'offrir.
Les cabines
C'est le point faible documenté du navire, et il vaut mieux le dire franchement. Les cabines n'ont pas été rénovées depuis 2016-2018 et cela se voit : mobilier au style daté, tiroirs un peu rêches, téléviseur ajouté après coup dans un renfoncement mal intégré, usure visible ici et là. Aucune prise près du lit dans la grande majorité des catégories testées, des prises nord-américaines et une prise européenne en nombre limité, une douche cylindrique à portes rigides. La literie, en revanche, revient régulièrement dans les témoignages comme un vrai point fort, et les espaces communs sont dans un état sans commune mesure avec les cabines.
Côté hiérarchie, une précision qui évite une déception : la junior suite est une catégorie intermédiaire. Elle donne plus de superficie et une baignoire, mais elle n'ouvre pas l'accès au Suite Lounge sur ce navire — cet accès commence aux Grand Suites. Et il n'y a pas de Coastal Kitchen à bord : ce restaurant réservé aux suites n'existe qu'à partir de la classe Oasis. Si vous arrivez d'un navire récent, ajustez l'attente avant de réserver.
À table
La salle à manger principale, le Sapphire Restaurant, se déploie sur trois ponts avec un grand lustre et un décor inspiré des compositeurs du XVIIIe siècle. C'est l'un des plus beaux espaces du navire, et le service y reste traditionnel : nappes, menus papier remis en main, rythme d'environ une heure à une heure quinze. Sur les croisières comportant deux soirées de gala, la queue de homard est servie en accompagnement du steak lors de la seconde, sans supplément.
Le Windjammer, tout à l'arrière du pont 11, fonctionne en boucle, avec une zone annexe — l'Island Grill — pour les hamburgers et la station de découpe. Postes de pâtes cuites à la commande, pizza à composer soi-même, sushis préparés sur place le soir. Le bar à salades et les pains sont regroupés tout à l'avant tandis que les boissons et la majorité des places sont tout à l'arrière : prévoyez l'aller-retour. Aux heures de pointe, les places manquent.
Quatre restaurants à supplément : Chops Grille, Giovanni's Table — qui conserve ici la version originale du menu, pas la formule révisée déployée ailleurs —, Izumi et Johnny Rockets. En dehors de ça, la restauration décontractée se limite à deux options, le Café Promenade et le Windjammer, là où les mega-navires en alignent une dizaine. C'est la contrepartie directe de la taille du navire.
Sur les restrictions alimentaires, le tableau est contrasté et mérite d'être dit tel quel : la salle à manger principale gère très bien le sans-gluten et adapte les plats sur demande, y compris au Windjammer où le chef peut intervenir sur place. Mais le buffet n'affiche aucune liste d'allergènes sur les étiquettes. Pour toute allergie sérieuse, demandez systématiquement plutôt que de vous fier à l'affichage.
Une soirée sur la promenade
Vingt-deux heures passées. Vous descendez au pont 5 sans avoir décidé où vous alliez, et c'est très bien ainsi : la Royal Promenade ne demande pas qu'on la planifie. La lumière y est plus douce que le jour, les vitrines renvoient des reflets sur le sol clair, et la voiture ancienne exposée au milieu du passage porte toujours ses deux ours costumés, immobiles dans le flot des promeneurs.
Vous marchez. Sur votre droite, le comptoir du Café Promenade est éclairé, les parts de pizza déjà découpées sous la vitre, une file courte et lente. Quelqu'un emporte deux biscuits et un café dans le même geste, sans s'asseoir. Plus loin, les tables d'Izumi débordent sur la promenade elle-même, si bien que vous frôlez un dîner en passant sans que personne lève la tête. Face au comptoir d'accueil, le Champagne Bar s'est rempli sans bruit.
Au-dessus de vous, sur les petits balcons des ponts de cabines, deux ou trois personnes accoudées regardent en bas sans attendre quoi que ce soit de précis. La musique du pub vous arrive par vagues, plus fort chaque fois que la porte s'ouvre, puis se referme. Un groupe traverse vers l'arrière en riant, un autre s'installe pour jouer aux cartes.
En approchant de l'escalier qui descend vers le pont 4, l'air change un peu : plus lourd, un fond de fumée. Vous ne descendez pas. Vous faites un tour de plus, parce que rien ne vous presse et que le navire, à cette heure-ci, se laisse regarder.
« Adventure of the Seas n'a pas été figé dans le temps. Il a été rénové sans être réinventé — et c'est exactement ce qui le rend lisible. »
Selvague
Repères pratiques
Port d'attache
Port Canaveral, Floride — à vérifier avant de réserver, le port d'attache d'Adventure of the Seas a changé plusieurs fois au fil de sa carrière. L'embarquement se fait au Terminal 5. Le Terminal 5 et le Terminal 6 partagent la même voie d'accès : si un autre grand navire part le même jour, l'approche peut se congestionner sérieusement.
Prévoyez de la marge, et vérifiez le terminal exact sur votre document d'embarquement — l'affectation change d'une saison à l'autre.
Itinéraires
Rotations courtes et moyennes vers les Caraïbes et les Bahamas — Grand Cayman, Falmouth, Perfect Day at CocoCay, Nassau, Freeport reviennent selon les semaines, avec des formats plus longs incluant des escales plus lointaines.
Aucune combinaison n'est fixe : vérifiez la vôtre.
Ponts à connaître
4 (casino, Schooner Bar, promenade extérieure) · 5 (Royal Promenade) · 11 (piscine, solarium, Windjammer, gym) · 13 (sport, FlowRider, toboggans) · 14 (salon panoramique et salons de statut) · 15 (chapelle sous verrière, conservée ici alors que plusieurs navires de la classe l'ont convertie en salle d'évasion).
Familles
Adventure Ocean accueille les 3 à 17 ans. Il n'y a pas de garderie avec service de dépôt pour les moins de 3 ans — une aire de jeu existe, mais un parent doit y rester.
Point à vérifier avant de réserver avec un bébé.
Ascenseurs
Pas d'ascenseurs à destination sur ce navire : ascenseurs classiques, attente parfois plus longue qu'ailleurs.
Ce navire et vous
- Vous avez déjà navigué et vous voulez comprendre un navire plutôt que le subir
- Vous aimez les paquebots à taille humaine, où l'on obtient une place aux spectacles sans réserver trois semaines à l'avance
- Vous voyagez en famille et vous cherchez une patinoire, un FlowRider, un mini-golf et une promenade intérieure vivante
- Les espaces qui disparaissent ailleurs — une chapelle, un bar à champagne, un casino décoré comme en 1950 — vous parlent plus qu'une nouveauté de plus
- Vous arrivez d'un navire récent et la modernité des cabines compte beaucoup pour vous
- Vous voyagez avec un enfant de moins de trois ans et comptiez sur une garderie
- Vous cherchez un solarium vitré, une suite thermale, une dizaine de comptoirs gratuits ou un carnet d'attractions signature
- Vous voulez un calme adulte strict — le solarium est traversé, et le navire est très familial en haute saison
Les deux faces d'une même rose des vents.
Adventure of the Seas
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Espaces & design 3,8/ 5
La Royal Promenade, la salle à manger sur trois ponts, le décor du casino et la chapelle sous verrière donnent au navire un caractère que peu de paquebots de cette taille conservent. En face : un solarium à ciel ouvert, un casino aux allées trop denses pour circuler aux heures de pointe, un Windjammer dont la disposition oblige à des allers-retours, et une circulation coupée aux ponts inférieurs. Des faiblesses structurelles réelles, compensées par des forces identifiables.
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Cabines & confort 3,5/ 5
Literie régulièrement saluée, catégories variées, quelques cabines nettement plus récentes que les autres. Mais l'usure et le style daté reviennent dans presque tous les témoignages récents, l'absence de prise près du lit est quasi générale, et la dernière cale sèche n'a pas touché les cabines. Portée : hors suites supérieures, non documentées par des témoins indépendants.
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Gastronomie 3,8/ 5
Salle à manger principale solide et bien rythmée, homard sans supplément à la seconde soirée de gala, pain fait à bord, stations de pâtes et de pizza à la commande, quatre restaurants à supplément dont une version originale de Giovanni's. Réserves nettes : seulement deux options décontractées, places assises insuffisantes au buffet aux heures de pointe, et aucun affichage d'allergènes au Windjammer.
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Service En observation
Des sources existent, mais elles ne permettent pas une note défendable. La documentation la plus abondante sur le service à bord de ce navire porte sur une période de jauge très réduite, qui ne dit rien du service à pleine capacité ; ce qui reste est épars et contradictoire — sollicitations commerciales jugées excessives par une personne, personnel salué comme excellent par une autre, sur des sorties différentes. Selvague préfère le dire plutôt que d'inventer un chiffre.
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Entretien 3,6/ 5
Espaces communs jugés en bon état par la quasi-totalité des témoins récents, tapis rafraîchis lors du dernier passage en cale sèche, personnel vu en train de repeindre en cours de croisière, et une inspection sanitaire parfaite rapportée. En face, des incidents ponctuels bien documentés : ascenseurs en panne, luminaire mal fixé, toboggan hors service, et des cabines qui portent leur âge. Un entretien actif sur un navire de 2001, pas un navire neuf.
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Vie à bord 4,0/ 5
C'est ce que le navire fait de mieux. Spectacle sur glace de haut niveau à Studio B, théâtre principal accessible sans billet ni réservation, soirées à thème et défilés sur la promenade, FlowRider, toboggans, mini-golf, terrain de sport, silent disco. La taille du navire joue en sa faveur : on accède à presque tout sans réserver, ce qui n'est plus vrai sur les plus récents. Réserves : peu d'activités calmes pour un public plus âgé, et une programmation de spectacles dont certains numéros ont vieilli.
Adventure of the Seas partage sa classe avec Mariner of the Seas, amplifié en 2018. Pour comparer avec ce que fait la flotte récente, voir Icon of the Seas et Wonder of the Seas.
Les informations de cet article sont fournies à titre indicatif. Un navire évolue : espaces convertis, itinéraires modifiés, services ajustés. Vérifiez les éléments décisifs pour vous auprès de la compagnie avant de réserver.